le cinéma

Manifeste de Stavros Tornes
1977

Coatti, film de Stavros Tornes, 1977

Le cinéma n’est pas le spectacle des multinationales

Le cinéma n’est pas le diktat des spécialistes

Le cinéma n’est pas l’enregistrement vidéo

Le cinéma n’est pas les films avec la belle photographie, les cadres parfaits, la scénographie somptueuse, la sonorisation proprette et conventionnelle.

Le cinéma n’existe pas sans film. Mais un film existe seulement à partir de la décision viscérale de qui le fait, indépendamment de l’idiotie décisionnelle des programmateurs, des opérateurs culturels, des producteurs cons, des fonctionnaires, des banquiers, des auxiliaires, des bureaucrates. Le cinéma, c’est nos films.

Le cinéma est la négation du technicisme, du sémiologisme

Le cinéma est un lieu où toi et moi se reconnaissent, “moi” et d’autres s’embrassent.

Le cinéma est tous les films pas faits, mais pourtant contemplés dans l’explosion de l’existence.

Le cinéma est le domaine des films impossibles et fragiles.

Le cinéma est l’application libératrice de la marge à la recherche du propre monde (cosmos).

Le cinéma est l’espace du maudit et de l’ivresse.

Le cinéma est la proposition éternelle de l’être.

Le cinéma est le social qui se produit à une seule condition ; laisser transparaître l’être, le temporel (cosmique), derrière la façade du cogito.

Le cinéma est le point de convergence-divergence entre le réel et l’impensé, l’imaginaire et l’impossible. Le cinéma est cette promesse-menace ; le retour de l’inconcevable, l’audace de l’imprévu.




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