
Collaboration inédite entre l’association Les Inattendus et l’Institut Lumière autour
du Cinéma Expérimental et l’œuvre de Ben Rivers.
Découvrez vendredi 24 mai à 20h30 le rare Two Years at Sea, signé Ben Rivers,
cinéaste britannique parmi les plus créatifs de sa génération.
Un travail expérimental à découvrir, animé par Les Inattendus avec extraits de films
et présentation de son travail cinématographique.
Two Years At Sea de Ben Rivers
Jake vit en pleine forêt : il marche quel que soit le temps, fait un somme dans les champs brumeux, construit un radeau pour aller sur le lac, vivant le rêve radical qu’il avait étant jeune... Dans sa pratique de cinéaste, vécue comme un artisanat, Ben Rivers travaille la pellicule 35mm, entretenant un lien étroit au cinéma classique. Il filme souvent les gens en marge de la société, leur rapport sublime à la nature, se servant de ces images brutes pour imaginer des existences alternatives dans des mondes marginaux.
Le film reçut le Prix Fipresci au Festival de Venise en 2011. (GB, 2011, 1h26, N&B)
http://www.institut-lumiere.org/soi...
vendredi 3 mai 2013
Un événement pour clore la saison : hommage à jean fléchet
en partenariat avec le cirdoc - mediatèca occitana
18h30 l’orsalher (le montreur d’ours)
21h soupe conviviale
21h30 rencontre avec jean fléchet
Maison du peuple - quartier des usines - balaruc-les-bains - entrée gratuite
rens. Service culturel mairie de balaruc : 04 67 80 92 00
Chaque soirée, entièrement gratuite, se déroule en trois temps : projection d’un premier film
à 18h30 suivi d’une rencontre avec le réalisateur ou la réalisatrice, apéritif dînatoire et présentation d’un second film du même réalisateur à 21h.
La programmation de ces rencontres, avec l’appui de Languedoc-Roussillon cinéma, est effectuée par une association implantée entre Languedoc et Pyrénées centrales, "Maremar", qui a pour vocation de promouvoir l’identité locale et les cultures populaires par la production et la diffusion d’oeuvres audio-visuelles.
L’ensemble de la saison est désormais soutenu par le conseil régional Languedoc-Roussillon.
Les écrans du languedoc
à balaruc-les-bains
18h30 l’orsalher (le montreur d’ours)
fiction de jean fléchet • 1983 • 1h47 • v.o. occitan sous titrée en français • diffusion les films
verts colportage • prix du public festival du film français de grenoble 1983
avec patrice icart, nadia slacik , pierrette meyerie, marcel amont, yves rouquette...
L’orsalher, c’est Gaston Sentein, un des sept fils d’une famille de bûcherons ariégeois qui, imprégné de la légende de jean de l’ours, s’arrache à son pays, à sa famille et à sa fiancée dans les années 1840 pour gagner sa vie sur les routes du sud-ouest comme montreur d’ours. il rencontrera à Toulouse le colporteur en livre, propagateur des idées nouvelles et découvrira, grâce au français - la langue de l’écrit -, un nouveau mode de raisonnement, spéculatif et théorisant. Entre légende et récit d’aventure, ce voyage initiatique fait la part égale entre la chair et l’esprit, le goût du terroir et la soif de voyages, les nécessités de la vie individuelle et l’avenir de la collectivité... le film à sa sortie en 1983 avait réalisé plus de 200 000 entrées dans les salles.
jean fléchet
Jean Fléchet, réalisateur, producteur et écrivain, est né en 1928. Diplômé de l’Idhec en 1952, après un début de carrière au Maroc et à Paris, il fonde en 1961 les films verts et devient l’animateur de l’association Téciméoc (télévision et cinéma, méridional et occitan).
installé à Mondragon (Vaucluse), « jean Fléchet est un artisan du cinéma, un cinéma simple aux valeurs humanistes, un cinéma de poésie, de la farce où le monde de l’enfance est aussi précieux et riche que dans les films de Tati ».
En 2003 il publie "ciné-Vaucluse, champ et hors-champ, 100 ans de cinéma
loin de paris" (Dolfin editions), un ouvrage de référence évoquant l’histoire du cinéma dans le vaucluse. Il récidive avec "la caméra en bois", une formidable saga itinérante en quatre volets : le montreur d’ours, les colporteurs, les allées dramatiques et la caméra en bois.
Auteur du film de référence en langue d’oc "l’orsalher", premier long métrage entièrement en gascon, jean fléchet est aussi le réalisateur de nombreuses oeuvres de cinéma et télévision, avec une filmographie d’une trentaine de films, dont la plupart ont été tournés en provence. hommage à jean fléchet
Si nous consacrons chaque mois des séances à des films réalisés en région, s’il est possible à des réalisateurs et réalisatrices aujourd’hui de filmer les pays dans lesquels ils vivent, c’est qu’il y eut des précurseurs : Georges Rouquier, Paul Carpita ou jean Fléchet.
C’est pour cela qu’il nous a semblé important, après trois années de programmation de ces Ecrans du Languedoc, de rendre hommage à ce cinéaste qui, au-delà des nombreux films réalisés en Provence, Gascogne et Languedoc, fut également novateur dans sa pratique de production et de diffusion : recherche d’autonomie, travail avec les habitants, « colportage » des films...
Nous sommes donc très heureux, et émus, de recevoir jean Fléchet à Balaruc. Malgré son âge, et des difficultés de déplacements, il sera des nôtres le 3 mai. nous espérons vivement lui dire par la présence et l’attention du public notre affection et ce que nous lui devons. réalisateurs invités et films
« Nous sommes hantés par un peuple d’images,
si vous entendez hanter comme quelqu’un d’antan l’aurait entendu,
c’est-à-dire habités, tout simplement… »
Fernand Deligny
A quoi engage le cinéma ?
Il engage autant celui qui regarde que celui qui fabrique, et que regarder des films ensemble, c’est comme en faire. »
Cinéastes ou non cinéastes, ce qui nous importe est de définir librement les modalités de fabrication/production et diffusion des films. Nos parcours sont multiples, nos démarches créatives protéiformes, pour autant, nous partons toutes et tous de la réalité qui est la nôtre, l’intime et le monde qui fait la singularité et le désir de nos gestes cinématographiques. Nous faisons des films pour partager nos histoires, nos questionnements sur le monde en habitant le monde.
Nous considérons qu’il y a nécessité de nous manifester, de nous déplacer pour dépasser les contraintes qui nous séparent du public.
Pour rencontrer les autres à partir de nos images et de nos sons.
Pour pousser nos gestes jusqu’à la confrontation directe avec tous les publics.
Si l’on demande où réside la teneur politique d’un film, nous dirons
Elle réside dans la manière d’agencer les images ou les plans, de choisir tel ou tel angle de vue, de composer des rythmes, de construire des durées.
Elle réside aussi, dans la façon dont il a été rendu possible matériellement (où ont été pris les moyens de le réaliser, combien de temps on s’est donné pour le faire ).
Enfin elle réside aussi en questionnant la manière dont notre sensibilité est travaillée, modifiée, reconstruite. Le caractère éminemment malléable, plastique, de la sensibilité constitue en soi un enjeu politique.
Que fait-on des images, de nos nécessités de travail, de nos nécessités de montrer ? Comment considérer la vie à partir de ce qu’on fait ? C’est quoi l’histoire ? Comment regarder ou construire des films ? c’est quoi un auteur ? C’est quoi une image ?
Comment faire avec tout ça ?
Avec toutes ses raisons et ses questions, quelques cinéastes de Marseille et de Toulouse se rencontrent et vous proposes venir habiter les images et les sons qui naitront de ses rencontrent.
Qu’est-ce que le cinéma ?
Rien.
Que veut-il ?
Tout.
Que peut-il ?
Quelque chose.
Vendredi 24 mai
au CRATERE
95 Grande Rue Saint-Michel, 31000 Toulouse
16H00
Chantier A
100′ de Tarek Sami, Karim Loualiche et Lucie Dèche
C’est le voyage de Karim qui n’était pas rentré chez lui depuis 10 ans.
Un retour en forme d’aller, pas simple.
Avant qu’il oublie, retrouver les raisons de son départ, comprendre enfin ce grand exode généralisé. Mais c’est un autre vent qui s’empare de lui peu à peu.
Les mots se font aspirer dans un temps incertain, celui de sentir ses pas, de s’arrêter de penser. Le mouvement parfois permet de s’ancrer.
Un paradoxe que connaissent bien les oiseaux migrateurs.
18H30
In my own dream
50′ de Julie Ramaioli
In my own dream est une façon de poser mes valises.
10 ans se sont écoulés depuis le tournage de ces images, filmées au quotidien.
Le film rassemble des bouts, des essais, les morceaux d’une histoire intime.
20h : BUFFET OFFERT DANS LE HALL DU CRATERE
21H30
Les derniers mineurs de Jerada ( Film en court )
28′ de Ouhaib Mortada avec Lo thivolle et Caro Beuret
Jérada, une cité minière située dans l’est marocain.
Le film se fabrique autour de l’histoire de l’abandon des industries minières jusqu’à la réappropriation de la richesse de ces terres par les habitants de cette ville.
La langue oscille entre arabe et français, l’oralité étant choisie pour traduire et interpréter les dires de ceux là à ceux d’ici, d’hier à aujourd’hui.
La vie ne s’arrête jamais,
40′ de Carmen Alix
Humour maternel et tendresse filiale face au cancer.
Samedi 25 mai
AU PAVILLON SAUVAGE
35 Avenue Jean Dagnaux 31200 Toulouse
14H00
Les anges photophores
10′ de fabrice coppin ( Film en cours)
Anges photophores qui ont entre eux scellé, d’un battement d’ailes, le serment de demain : empêcher la nuit de nuire.
Deux traces d’ailleurs à la place des yeux
27′ de Mathieu Kiefer, Lisa Chabbert et Nicolas Potin (film en cours)
« De l’alcool dans le sang et plein les cieux, rien n’a bougé d’un fil, juste un point dans la foule, souriant juste d’être emporté par la foudre » —Psykick Lyrikah___
Spring yes yes yes
39′ de Audrey Ginestet
Un homme et une femme se retrouvent après une longue absence.
C’est elle qui a décidé de passer ces jours d’hiver pour la première fois chez lui, au Japon. Ils se sont connus en France, il y a 12 ans.
Elle est à la recherche d’une image de lui, une image à garder en mémoire.
Entrepreneurs
6′ de Antonnella Porcelluzi
« Entrepreneurs est une lettre filmée adressée à Philip Morris pour négocier l’invention d un filtre pour cigarette entièrement en papier (100% biodégradable). Le filtre a été produit en 2011 par OCB sans que je puisse le breveter avant. »
17H30
Enfermés vivants,
90′ de Felix Gonzalez-Debats
2 anciens prisonniers et un acteur sont invités dans un décor de cellule.
Tout les 3 vont jouer dans une fiction racontant l’histoire de 2 taulards dont le quotidien est chamboulé par la venue de Jean, « l’arrivant ».
Ben (le rappeur GUERRIER) et Franc ont vécu une incarcération différente mais tout aussi difficile. En plus d’interpréter leurs propres rôles dans la fiction, ils se livreront sur leur expérience d’enfermement tantôt avec spontanéité, tantôt avec recul, en allant d’anecdotes en réflexions théoriques.
Jean se nourrira de cette rencontre pour renforcer son personnage fictionnel, mais également pour se forger sa propre opinion sur la prison..
21H30 REPAS COLLECTIF
20H30
Si par une nuit d’hiver un voyageur
30′ de Caroline Beuret et Lo Thivolle
Si par une nuit d’hiver un voyageur dans son errance, nos errements,
venait à toucher, nous parler, rester là. De cette expérience
erratique, un abri de quelques instants, un moment de repos après la
grêle. Un port d’où l’on doit repartir, replonger dans l’orage.
22H
Performance vocale et dansée improvisée de Jean-Marie Nicolas et Anis Ouazzani. 30′
Un corps en mouvement, une voix en déplacement, toucher, croiser et se rencontrer, sans ne rien connaître de ce qu’il adviendra, et sans s’en pré-occuper…
22H30 : Concert de Ueh / rock progressif expérimental
23H30 : Concert de Mur(s) / free acid rock
et Mur(s) c’est quoi ?
C’est une basse, une batterie, un violon & un saxophone !
Ces aveyronnais nous proposent un free rock plutot acide où l’improvisation joue un grand rôle autour de trames pré-écrites.
Dimanche 26 mai
MAISON BLANCHE
10 rue Arnaud Bernard, 31000 Toulouse
14H00
Diseponti,
110′ de Jules Ribis et Clément Delage
Clément et Jules partent sur les traces du projet Ponte Radio : une création théâtrale avec des adolescents de Jénine (Palestine), Berlin (Allemagne), Alfonsine (Italie) et Tyr (Liban). Le voyage de Diseponti. C’est la recherche de ces fissures dans le monolithe d’une société figée dont on accuse la froideur, le manque de lien, la perte d’humanité. C’est la poursuite d’une utopie se glissant dans ces interstices où l’on pourrait réinventer le monde.
16H00
Abîme
42′ de Jean-Marie Nicolas
Un film c’est un contournement
alors je contourne l’abîme
dans la ville où je vis
un film c’est un détournement
alors je détourne l’abîme
dans l’espace où je vis
la vie est un film
alors je filme l’abîme
de l’endroit où je suis
18H00
Echange/ Discussion :
« Cinéma, zone libre ou territoire colonisé ? »
Discussion publique, avec appui d’extraits sonores, en présence des 12 réalisateurs, et avec tous ceux qui seront là.
21H00
« Comu si nenti fussi » (« l’air de rien »)
10′ de Théo Ercolano
La nuit.
Une jeune fille botte le cul d’un gendarme,
de jeunes gens se baladent dans Marseille.
La ville est à eux, mais la nuit est à nous !
Le reflux,
91′ de Guillaume Bordier
Un échange documentaire, sur un plateau de tournage déserté, où se dévoile Didier, marqué par son expérience de la prison et d’un procès d’assises. Dans l’élaboration de sa parole, se dessine peu à peu la trajectoire complexe d’un homme conscient de ses impasses et de ses prisons intérieures. Grâce à la complicité du réalisateur, il tente de mettre à jour l’empreinte encore vive de ce parcours douloureux.
Plus d’informations : http://numer0zer0.wordpress.com/cin...
Double Séance DOC&DOC proposée par Documentaire sur Grand Ecran.
Mardi 14 Mai au Forum des Images à 19h et 21h
19h -Séance 1
Six faces d’une brique - Damien Monnier - 73’ - 2012
Un homme a restauré un vestige du mur de l’ancien ghetto juif dans une cour de Varsovie. Riverains et voyageurs la traversent, l’habitent, viennent voir. Touristes et habitant(e)s passent devant la caméra de Damien Monnier. Certain(e)s s’arrêtent, racontent, discutent, d’autres se taisent et effleurent. Une réflexion puissante sur la mémoire comme matière et comme espace à arpenter.
Précédé de la projection d’un extrait de "Où gît votre sourire enfoui" de Pedro Costa
21h - Séance 2
Les Hommes Debout - Jeremy Gravayat - 75’ - 2010
Traverser les ruines de l’usine, se souvenir des gestes répétés. Entendre les voix des ouvriers rassemblés dans la cour et le silence des machines arrêtées. Parcourir la ville dans la boue des chantiers, partir à la recherche d’un travail. Frapper la pierre et la brique, regarder les choses lentement s’effondrer. Repérer les lieux, s’y introduire, changer les serrures et raccorder l’électricité. Se rassembler dans la nuit, allumer un feu, construire de nouveaux abris. Raconter toujours la même histoire : celle qui fait tenir les hommes debout.
Les deux séances seront suivies de débats avec les réalisateurs et l’équipe de Documentaire sur Grand Ecran.
A l’occasion du Festival Théâtres au cinéma 2013, du 3 au 14 avril, au Magic Cinéma de Bobigny, un programme de films du groupe "Zanzibar" et une rétrospective Philippe Garrel
Carte blanche à l’Abominable
Séance dédiée aux travaux sur pellicule (16mm) d’Olivier Fouchard et Mahine Rouhi
Vendredi 29 mars 2013, à 20h30
« Grands archéologues des temps, visionnaires de la lumière qui en serait le souffle, alchimistes, faisant lever en des mémoires lointaines, les troublantes traces d’une antécédence de l’image … »
Projections des films en deux parties :
Tahousse, 30 mins, O. Fouchard et M. Rouhi
PTKHO, 7 mins, M. Rouhi
Fantômes, 15 mins, O. Fouchard
Encres, 9 mins, O. Fouchard
Sol, 10 mins, O. Fouchard
Tamis, 10 mins, M. Rouhi
“La liberté de nos regards est dans nos mains”
M.J. Mondzain
TAHOUSSE d’Olivier Fouchard et Mahine Rouhi est un film
magnifique
et nécessaire.
C’est une histoire de paysage , et l’inverse aussi pourtant.
C’est dans les Alpes , au Kurdistan ou en Tchétchénie ,
aussi , peut-être en filigrane ..
tout commence par un arbre bleu
- noir -
puis , des nuages raclent la terre d’une
vallée perdue - des nuages en tourbillon,
à la vitesse de la terreur
- noir -
un nuage cobalt et sale vient ronger le ciel
- noir -
des images chaotiques d’une terre en cataclysme
des images revenues des volcans d’outre-guerre.
Grain fourmillant de la plaine grise , grège.
Une silhouette minuscule marche sur la terre.
Une voix comme d’enfant invoque... “ cette
terre qui ne cesse jamais de guerre...”
-silence-
..Des guitares de Jimi Hendrix mort ...
- noir -
.. des diamants de cailloux tombés .. (Stalker ?)
- noir -
Rouge-rumeur . Un arbre rouge surgi de volcan
d’avant
une femme passe -
- noir -
Le cinématographe travaillé à son corps même .
Et , la main à l’image , pour extraire du plus profond de
l’émulsion ,
arracher de la noirceur du support , des images de feux
splendides et
mortels.
“..car maintenant je descends en mon coeur comme dans
le fond d’une mine -”
passe l’ombre radicale de Kleist -
lumières et couleurs travaillées à corps et à coeur - images
revenues
de temps très anciens ou très présents, archaïques et si
contemporaines ..
il y a des lueurs atomiques , un arbre rouge sang , des terres
imprégnées
de guerre
“..les avions sont en haut du ciel ..”
dit la voix comme d’enfant
Des images brutales, rugueuses, crues, portant haut un lyrisme
abrupt -premier- au plus loin des raffinements vulgaires de
formalismes virtuels
cependant ,
montées impeccablement en fragments secs, précis et comptés,
cernés de ténèbres
en une construction sculpturale au cordeau.
L’ombre de Kleist passe encore-
Des images brutales , rugueuses et crues portant haut l’outil
qui les créent , l’outil qui prolonge cette main que l’on
voudrait bien nous couper, les
gestes de les faire ces images là , apparus , visibles :
enrouler sur la
spire , développer , faire chauffer les bains , les sels
dissous ,
sécher, tirer .. un travail de prolétaire .
..Quelques coins bleutés de rivières cachées,
de fleurs abreuvées ,
l’apaisement froid d’une eau qui va ..
- noir -
forêt à flanc de montagne - vert -
une minuscule silhouette entre dans le champ ,
et gravit la pente - elle disparaît dans la forêt -
à la fin du film , une vallée , la vallée
telle quelle - verte - vers Grenoble sans doute -
la terre aurait parlé ...
- noir -
et puis encore , à l’autre bout du monde ,
un homme laboure avec son boeuf, on voit
successivement passer
leurs pieds , si légers , si lents .
Ils effleurent tout doucement la terre vive ...
Et toujours ce rythme impeccable - ces temps de séquences
inexorables -
cernées de noir , toujours -
Ce film renoue avec des chemins de cinématographie
originelle , et en ouvre d’autres . C’est cela son génie.
Le travail de film actuel touchant au support , procède d’une
discursivité du collage ,
ou d’une picturalité abstraite , calquées sur des démarches
plasticiennes convenues.
Tahousse ouvre ses chemins à revers :
il coupe à travers bois , à travers champs , sans se
préoccuper des bonnes manières.
Ses images figuratives à la physique et aux matérialités
chimiques signifiantes brusques et sauvages , leur composition
en fragments aux temporalités sans
pathos : le temps de la matière travaillée ,
leur montage sans aucune virtuosité , mènent au plus juste ce
que le cinématographe , cette invention si jeune , est d’art de l’empreinte , de la lumière et du récit.
Les cinéastes ouvrent le document, et fouillent sa matière
pour en extraire la mémoire vive inscrite dans ses strates les
plus profondes
le document comme gisement , et le gisement comme récit.
Martine Rousset 2004
Voir en ligne : Khiasma
Mardi 26 mars 2013 à 20h30
SÉANCE SPÉCIALE DANS LE CADRE DU FESTIVAL CINÉMA DU RÉEL
Projection du film THE RADIANT, de the Otholith Group
(Grande Bretagne, 64’16’’, HD, 2012)
THE RADIANT
"Très loin d’un reportage sur les conséquences de la catastrophe nucléaire japonaise de 2011, The Radiant frappe par sa sensibilité sémantique et rythmique à la mise en relation des sons et des images. Signé par un collectif, il est réellement pluriel dans son montage : l’entrelacs d’extraits de films fictionnels ou institutionnels, de témoignages et de plans tournés au Centre parasismique de Tokyo porte au jour une forme d’aveuglement scientiste, en partie invalidé par la catastrophe. Pire, une hypothèse émerge, à peine formulée mais puissante : et si le Japon, comme le suggère la journaliste May Shigenobu, était consciemment choisi au niveau planétaire pour être le laboratoire des expériences sur la radiation ? Le déplacement des déchets de la centrale dans divers endroits du pays modifierait par exemple la zone-test de référence, faussant les mesures de radiation. En faisant le pari du travail de la forme plutôt que du film-dossier, The Radiant se révèle plus finement politique. Ses plans sur une terre et une herbe qui, sans doute irradiées, ressemblent à n’importe quel bout de terrain sain, suggèrent combien l’invisibilité de la radioactivité profite au discours du pouvoir."
Charlotte Garson
Espace Khiasma
15 rue Chassagnolle
93260 Les Lilas
01-43-60-69-72
Voir en ligne : Khiasma
Vendredi 23 novembre à 18h30
Bibliothèque de la Part-Dieu -
30, boulevard Vivier Merle -
69003 LYON
//Entrée Libre//
Cette programmation s’inscrit dans le prolongement des entretiens mis en ligne sur le site de cine(m)assalia.
TROU (LE)/ IN THIS HOUSE
d’Akram Zaatari, Liban, 2005, 30’
Quand les milices baissèrent les bras face à l’armée libanaise, en 1991 à la fin de la guerre du Liban, Ali – un membre de la résistance libanaise – écrivit une lettre aux propriétaires de la maison que son groupe avait occupée depuis six ans, après qu’elle soit devenue la ligne de front, pour leur souhaiter un bon retour chez eux, et leur assurer qu’ils s’étaient bien occupés de leur propriété. Il plaça la lettre dans un obus de mortier B-10 et l’enterra dans le jardin. En Novembre 2002, Akram Zaatari pris sa caméra vidéo et, accompagné d’un jardinier, il partit pour son village familial, Ain el Mir afin de déterrer la lettre d’Ali.
Akram Zaatari est né en 1966 à Saida au Liban. Il vit et travaille à Beyrouth. L’œuvre d’Akram Zaatari interroge le contexte politique et sociale du Liban de l’après-guerre civile, et se trouve en partie consacrée à la question des mouvements de résistances nationaux, ainsi qu’à la représentation erronée des conflits renvoyée par les médias dans cette région.
(POSTHUME)
de Ghassan Salhab, Liban, 2007, vidéo, 28’
Réalisé quelques temps après l’agression Israélienne de l’été 2006, (Posthume) est un essai doublement hanté par l’absence présente de toute fiction et l’omniprésence du réel.
« Plus de fiction possible, mais pas plus de documentaire : que montrer, que dire, quelle réalité, quelle pensée sous l’accumulation des ruines-images ? Reste l’essai : une énergie qui ne craint pas de partir de la confusion, du chaos, pour chercher une forme, une idée, une émotion qui tienne et soit partageable » Cyril Neyrat in « Journal de Vienne », Cahiers du Cinéma - 24 octobre 2007
Ghassan Salhab est né à Dakar, Sénégal. En dehors de ses propres réalisations, il collabore à l’écriture de plusieurs scénarios au Liban et en France. Il enseigne dans différentes universités au Liban. A réalisé cinq longs métrages. Auteur par ailleurs de "Fragments du Livre du naufrage", français et arabe (2012, Amer Editons), et de plusieurs textes publiés dans des revues spécialisées.
TRAIN-TRAINS : WAYN ESSEKEH ? (où est la voie ?)
de Rania Stephan, 1999, 33’
Le film part à la recherche des gares de l’ancienne ligne de chemin de fer qui reliait Beyrouth à Damas, construite par les Français en 1896 aujourd’hui hors usage. Un voyage poétique à la rencontre de gens et de lieux - réels et imaginaires - du Liban d’après guerre.
Des films de cinéma sont diffusés dans l’émission "Fuori Orario" sur la RAI3 (télévision italienne accessible par adsl, câble et satellite, canal 545 sur la Freebox).
Programmation à suivre sur https://groups.google.com/group/it-...